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Y A DES GROS LA-BAS !!! par Pascal Capitaine Ou l'histoire d'un miracle Fin Avril 2007, temps anti-cyclonique, après-midi de pêche entre copains dans le nord de l’île d’Oléron … La mer ne prévient pas toujours! Nous quittons le port de St-Denis vers 14h et nous dirigeons vers le Nord dans le but de redescendre par la suite en face de Chaucre. En chemin, passant entre le rocher d’Antioche et le phare de Chassiron, nous croisons quelques sternes qui s’en donnaient à cœur joie dans les brisants du rocher d’Antioche. Ce jour-là, il s’agissait de brisants et non pas de déferlantes ! allez savoir la différence … disons que les déferlantes … ça fait beaucoup plus peur. Parmi les copains, Thierry (dit Guston), qui m’a toujours impressionné par ses lancers fouettés et les distances atteintes, était d’accord pour ne prendre aucun risque et décida de prospecter sous les sternes avec un petit jig de 40g, et Stéphane, qui ne voyait aucun inconvénient à ne pas aller naviguer dans les brisants, allait donc commencer à « mitraspouner » (dérivatif francisé indiquant l’utilisation d’une marque célèbre de cuiller, célèbre par le succès qu’elle rencontre auprès des bars, ce ne sont pas que des ragots ( !!!) qui ont été propagés à ce sujet, de nombreux beaux bars en sont la preuve !).
Je restais aux commandes du bateau, proue dirigée vers les éventuels brisants qui arriveraient vers nous ; dans ce cas, il est possible de mettre rapidement les gaz et d’échapper d’un côté ou de l’autre de la vague inquiétante. Thierry et Stéphane sortaient de l’eau … et remettaient à l’eau quelques petits bars mouchetés. Au bout d’un quart d’heure, aucun bar de taille respectable n’avait été pris, même si nos deux lanceurs atteignaient « la mousse » quasiment à tous les coups. Nous décidions de redescendre plus au Sud, en face de Chaucre. La pêche y fut un peu plus fructueuse et dura environ 2 heures. Il était l’heure de revenir sur nos pas pour rentrer au port de Saint-Denis. Passant à nouveau devant le rocher d’Antioche, les sternes étaient encore plus nombreuses à partager le festin avec les bars mouchetés, mais aussi avec 3 ou 4 bateaux et leurs occupants.
Mais parmi ces bateaux, l’un d’eux paraissait très téméraire ! Bien que la mer était relativement calme, il y avait tout de même des brisants (1m de hauteur en moyenne) dans lesquels un des bateaux était en train de pêcher ! Je dis bien « dans lesquels » car ce bateau essuyait régulièrement un brisant de côté, de l’avant, de l’arrière … rien ne semblait perturber l’activité des 2 pêcheurs à bord, affairés certainement à sortir poisson sur poisson puisqu’ils évoluaient « au beau milieu » de la chasse. Nous n’en revenions pas de constater cette audace de pouvoir aller pêcher à cet endroit ! Pour ceux qui connaissent, nos 2 pêcheurs étaient quasiment au pied de la tour, et souvent montraient l’arrière du bateau aux vagues qui arrivaient sur eux. On pouvait penser que le moteur était coupé puisque même si une vague arrivait en déferlant, ils ne bougeaient pas ; l’expression est un peu exagérée puisqu’en vérité ils bougeaient beaucoup, tant le bateau jouait le bouchon de champagne au pied de la tour ! Nous serions bien allés leur dire quel danger ils courraient en pêchant à cet endroit, mais comment leur dire, si ce n’était qu’en y allant aussi ! Alors nous sommes restés « en lisère » à faire quelques lancers longue distance et … au bout de 5 à 10 minutes, nos 2 pêcheurs sont venus vers nous … pour discuter ! -Faut venir pêcher là-bas ! y a des gros là-bas !!!! -Trop dangereux là-bas ! même pour des gros, on n’a pas envie de mourir, nous ! -Y a pas d’raison, avec votre bateau … c’est pas un problème ! (Pour info, j’ai un bateau de 5m50, le leur devait faire 4m50 … à méditer !) -Ca déferle où vous pêchez, vous risquez de vous faire retourner ! -Non, mais c’est vrai que c’est limite … regardez, on est trempés, l’eau est rentrée plusieurs fois déjà! Et ils avaient l’air d’en rire … et sont repartis pêcher … près de la tour !!!!
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